CHRONIQUE DE FAUTEUIL « Contre-la-montre » par Valérie Travert

CHRONIQUE DE FAUTEUIL « Contre-la-montre »  par Valérie Travert

Publié le mardi 06 septembre 2022

Valérie Travert

 
 





  CHRONIQUE DE FAUTEUIL  

Contre-la-montre


Les petits bonheurs, les doutes et parfois les affres d’un exercice
au quotidien en pratique généraliste vus par Valérie Travert, omnipraticienne.



C’est avec une énergie renouvelée par des vacances bien méritées que cette chronique va nous faire remonter le temps en évoquant cette période difficile du mois de juillet.
Ah ! le mois de juillet !
En juillet, il n’y a pas que sur le Tour de France que l’on pratique le contre-la-montre. Nous aussi !
Et nos patients avec !
Et ce sont eux qui ont le chronomètre en main !
Il faut finir les soins restaurateurs de Mlle X, poser les couronnes sur implants de M.Z, effectuer le réglage de la prothèse amovible de Mme Y tout en surveillant de près le planning du prothésiste.
Parce que le problème, c’est que tout le monde part en vacances.
Le droit à l’erreur est interdit.
Jusque-là, c’est gérable.
La pression est forte, mais avec une organisation rationnelle du planning, cela reste jouable. Hélas, notre mémoire est sélective et nous oublions souvent le détail qui fâche.
Le détail qui fâche, au mois de juillet, c’est… « le patient du mois de juillet » !
Vous savez, celui que vous avez relancé deux fois en cours d’année parce que sa lésion apicale peut se réveiller au pire moment ?
Ou cette dame qui vous a appelé voilà plusieurs semaines car elle croyait que son inlay se comportait de façon bizarre, et puis en fait non, et puis finalement, oui, car en réalité, il est descellé, et c’est super urgent car elle part dans deux jours ?
Ce qui est embêtant avec « le patient du mois de juillet », c’est qu’ils sont plusieurs !
Et pas toujours simples. Entre deux patients, vous avez reçu la dame à l’inlay descellé.
Vous avez fait ce qu’il fallait, mais voilà qu’elle reconsidère une proposition esthétique formulée six mois plus tôt.
Ça dure, mais vous êtes bien élevé, vous ne lui dites pas :
« Écoutez madame, je vous ai reçue en urgence, il y a d’autres patients qui partent en vacances – et d’ailleurs, moi aussi –, et là, ils s’empilent dans la salle d’attente ».
Et le défilé de rendez-vous de dernière minute continue.
Check-up, détartrages, appels en tous genres, etc. Ce qui fait que, en face du « patient du mois de juillet », il y a le planning du mois de juillet.
Sa caractéristique principale : il est extensible. Mais pas d’inquiétude, on va y arriver.
Et on va oublier « le patient du mois de juillet ».
Jusqu’à l’année prochaine.
 

par Valérie Travert, omnipraticienne

Une chronique de fauteuil à lire en page 7 du Journal de la SOP :
Journal de la SOP n°6 2022 / Contre-la-montre par Valérie Travert   

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