Robert Bugugnani s’en est allé

Robert Bugugnani s’en est allé

Publié le jeudi 13 février 2020

Robert Bugugnani s’est paisiblement éteint le 24 décembre dernier.

C’est un personnage marquant de la profession qui a disparu, une personnalité attachante aux talents multiples. Auteur prolifique, enseignant et conférencier généreux, il fit le tour de toutes les techniques d’empreintes en prothèse fixée, à l’époque où les élastomères et l’empreinte globale commençaient de s’imposer, alors que demeurait la question de la meilleure méthode pour accéder à la ligne de finition des préparations. « Une usine à gaz, ces coffrages métallo-résineux », plaisantait-il encore récemment dans le rire que déclenchait le souvenir de cette technique.

Parce que, pour ce travailleur acharné, fidèle disciple de Raymond Leibowitch, les choses devaient se faire dans la joie. C’est dans cet état d’esprit, armé de son sens de la formule qu’il montait à la tribune de la SOP.
« Je commence, bien sûr, par une anesthésie à but humanitaire, puis je place un fil ! » : un bon mot, et le public étaient acquis à ce merveilleux communiquant et excellent pédagogue. « Il faut bien déconner un peu, ça détend l’atmosphère », expliquait-il.

Esprit inventif toujours en éveil, clinicien doté d’une grande curiosité, il expérimentait de nouvelles techniques, par exemple celles de reconstitutions fibrées. Il était ensuite capable, face à la contradiction, de défendre son point de vue avec une vigueur des plus convaincantes. « Il est de ces conférenciers qui ont aidé à construire la réputation de la SOP », a coutume de dire Meyer Fitoussi.
Robert avait aussi besoin d’horizons plus larges. Passionné de sports mécaniques, il prit part à deux Paris-Dakar et entreprit maints voyages lointains. Son excellente réputation avait largement dépassé les frontières et il n’avait pu refuser la demande de soins sur place émise par un président africain. Belle aventure !

Après une retraite précoce, il développa une activité de vidéaste et proposa ses services à ses confrères et amis. C’est ainsi qu’il réalisa un film promotionnel sur la SOP.

Robert nourrissait une passion pour l’histoire du Premier Empire. Elle lui venait assurément de ses origines on ne peut plus corses – sa famille venait du petit village de Bugugnano, cela ne s’invente pas ! Elle l’avait mené jusqu’à enfiler un costume de Napoléon pour présenter le film qu’il avait tourné à l’occasion du Jubilé impérial organisé en 2017 par Rueil-Malmaison, où il résidait.

Jusqu’à la fin, Robert fut encore capable de plaisanter et de rire avec son entourage.

Un réconfort que nous partageons dans ce difficile moment.


Marc Roché,
président de la SOP