Une révolution copernicienne contre les affections bucco-dentaires

Une révolution copernicienne contre les affections bucco-dentaires

Publié le lundi 17 février 2020

En 2020, nous ne sommes toujours pas parvenus à combattre une maladie qui, selon l’OMS, touche 3,58 milliards d’êtres humains : les affections bucco-dentaires. Dans deux articles publiés par The Lancet en juillet 2019, Richard G. Watt et sescollaborateurs posent le diagnostic de cet échec et proposent des solutions pour le moins novatrices. Ils montrent que la dentisterie est minée par une pratique ancrée dans ses origines chirurgicales qui reste trop orientée sur le curatif, mais pas seulement.
En cause également : l’hyperspécialisation et le travail isolé des dentistes.
Cette situation a pour résultat une augmentation des coûts, des difficultés toujours plus grandes dans l’accès aux soins, une diminution de la prévention, le renforcement des inégalités et, in fine, une augmentation des conséquences des maladies bucco-dentaires qui impactent la santé générale. Les auteurs proposent une série de mesures qui tournent le dos à tout ce que l’on connaît en matière de lutte contre les affections bucco-dentaires. Ils plaident pour une approche globale de la santé, un exercice non isolé de la prévention, le paiement à la performance préventive, la formation des professionnels et, enfin, la planification des suivis. Le monde dentaire n’est pas le seul visé par cette convaincante démonstration. Les lobbies du sucre sont dans le collimateur.
Les auteurs plaident ainsi, entre autres, pour une diminution drastique de la consommation de produits sucrés, de l’ordre de 10 % par jour pour les enfants. La création de ces nouveaux modèles de prévention, concluent les auteurs, incombe donc à la fois au corps médical et aux gouvernants.

Romain Jacq,
secrétaire général adjoint de la SOP