Le reste à charge zéro va casser la baraque

Le reste à charge zéro va casser la baraque

Publié le mardi 06 novembre 2018

Dans la profession, personne n’imaginait que la réforme du système de santé portée par Agnès Buzyn et annoncée tambour battant par Emmanuel Macron en septembre dernier allait accoucher d’une politique de santé bucco-dentaire digne de ce nom.
De celles qui prennent en compte les besoins des patients après une consultation des professionnels. Au lieu de quoi, on a beau s’abîmer les yeux, on ne trouve dans le projet gouvernemental, intitulé « Ma santé 2022 », que deux malheureuses occurrences mentionnant le dentaire.
La première concerne le RAC 0 dentaire, qui figure d’ailleurs en bonne place puisqu’il est mentionné dans le mot d’introduction du président de la République. Dans la mesure où cela faisait partie de ses promesses de campagne, on comprend aisément pourquoi.
La seconde occurrence du dentaire concerne les futurs étudiants en odontologie : ils seront impactés par la disparition du numerus clausus. Lequel numerus clausus, faut-il le préciser, renaîtra forcément de ses cendres sous une autre forme, les places en odontologie (et dans les autres disciplines médicales) étant limitées.
Espérons au passage que ceux qui s’inscriront en dentaire ne se retrouvent pas pharmaciens au hasard d’une classification tout aussi absurde que les critères de choix du numerus clausus.
Passons. Ce qu’il faut retenir ici, c’est que, pour la ministre de la Santé et pour le président, le RAC 0 tient lieu de politique de santé bucco-dentaire.
Ça donne envie.

Philippe Milcent,
rédacteur en chef du Journal de la SOP