Endocardite infectieuse : la réponse la SFCO

Endocardite infectieuse : la réponse la SFCO

Publié le mardi 23 octobre 2018

Nous reproduisons ci-dessous un texte de la Société français de la chirurgie orale (SFCO) en réponse à un article paru dans le JSOP n° 5 intitulé « Endocardite infectieuse : l’info qui laisse perplexe »  :


« Chers collègues,

Nous avons lu avec attention l’article intitulé, ci-contre, « L’endocardite infectieuse : l’info qui laisse perplexe », paru dans le JSOP 5, de Benjamin Darmon.

Il montre l’intérêt que porte la SOP aux fiches « informations patients » mises en ligne sur le site de la Société français de la chirurgie orale (SFCO) et nous l’en remercions. La commission « Exercice et évaluation professionnel » de la SFCO a souhaité répondre aux interrogations que soulève l’auteur afin de mieux éclairer les lecteurs.

La fiche « Information patient » qu’il commente est obsolète puisqu’elle a été remplacée par une nouvelle fiche suite à la publication en 2017 de la position française de Millot et coll. (1). Dans tous les cas nous avons noté quelques points qui méritent une réponse afin de ne pas troubler les lecteurs sur la démarche thérapeutique en cas de risque d’endocardite.

L’auteur note que les recommandations européennes (European Society of Cardiology) des cardiologues de 2015 sont en contradiction avec celles françaises de 2011.

Le principe de recommandations est que – n’étant pas gravées dans le marbre – elles évoluent dans le temps en fonction de la littérature scientifique qui recense les études récentes. La Société européenne de cardiologie s’est basée sur une étude rétrospective (2) portant sur 57 implants suivis sur 17 années qui montre que la pose d’implants chez des patients à haut risque d’endocardite n’est plus contre-indiquée.

Ces recommandations ont été revues par l’équipe pluridisciplinaire française de Millot et coll. en 2017, laquelle équipe sur accord professionnel, a souhaité néanmoins maintenir la contre-indication formelle des implants chez les patients avec ATCD d’endocardite infectieuse.

Le principe de précaution si cher aux praticiens français a joué certainement un rôle dans cette recommandation. Un autre point a attiré notre attention : la contradiction qui existerait entre la pose d’implant après extraction suite à un soin endodontique impossible chez des patients à haut risque d’endocardite. Cette vision des choses relève d’une confusion entre indication/contre-indication et option thérapeutique car la pose implantaire reste une contre-indication absolue chez les patients aux ATCD d’endocardite infectieuse. Les options thérapeutiques autres existent : bridge classique, collé et prothèse amovible partielle. Il est aussi évoqué le cas de cardiologues pouvant fournir une lettre ne contre-indiquant pas les implants pouvant ainsi perturber notre décision.

Rappelons simplement que nos collègues cardiologues appliquent aussi les données acquises de la science. La France n’est donc pas en retard sur les recommandations depuis la publication de l’avis d’experts de Millot et coll. (2017).

En cas de litige, le Juge se référera au rapport de l’expert nommé, lequel devra se fier aux dernières publications et à son bon sens clinique. Nous continuerons dans tous les cas d’évaluer le rapport bénéfice/risque avant chacun de nos actes. L’article du Dr Darmon a le mérite de poser les bonnes questions c’est pourquoi nous invitons les lecteurs du Journal de la SOP à se référer à la dernière version « fiche information patient   » mise en ligne sur le site de la SFCO


La commission Exercice et évaluation professionnelle de la SFCO

(1) Arch Card Dis., 2017: 110,482-94.
(2) Findler et coll., Int J Oral Maxillofac Surg 2014;43: 1282-85.


fiche médicale information patient Endocardite ⇒ SFCO  
« Endocardite infectieuse : l'info qui laisse perplexe » par Benjamin Darmon ⇒ JSOP 5 2018

« Endocardite infectieuse : la réponse de la SFCO » par la commision Excercie & évaluation prof. ⇒ JSOP 7 2018