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MACSF 2010
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Vers le gâchis ?

01/03/2010

Dr Meyer FITOUSSI - Président de la SOP

En France, on n’apprécie pas ce qui marche. Ce sentiment trouve son origine dans la convoitise qu’attise les belles mécaniques : on casse la machine pour mieux la contrôler, et tant pis si les engrenages ne tournent plus rond. Notre formation continue constitue un bel exemple de ce gâchis qui illustre accessoirement à quel point les décideurs restent déconnectés du terrain. On l’a d’ailleurs bien vu avec la grippe A, dont le programme a consisté à organiser la vaccination des Français avec des méthodes de médecine militaire, mais sans les médecins libéraux et sur une population civile…

La loi HPST ne s’est seulement pas contentée de dégrader la relation de confiance entre patients et praticiens, de monter les prothésistes de laboratoire contre les chirurgiens-dentistes (et vice-versa) : elle a créé le développement professionnel continu (DPC) et son corollaire, l’évaluation des pratiques professionnelles (EPP).

Posons-nous naïvement la question : pourquoi casser la formation continue odontologique (FCO) et instaurer le DPC ? L’augmentation, entre 2007 et 2009, du nombre de praticiens prenant le train de la formation continue n’a-t-elle pas été exponentielle ?

Le consensus, au sein de la profession, ne fut-il pas si puissant qu’il a fallu rapidement gérer l’affluence de très nombreux praticiens se dirigeant vers des salles de formation ? La philosophie du Conseil national de la formation continue (CNFCO) – consistant à inciter

plus qu’à obliger – n’a-t-elle pas eu pour mérite de faire sortir de leur cabinet dentaire un nombre important de praticiens qui n’avaient plus suivi de formation après leurs études universitaires ?

Face à ce bilan plus que positif dont nous sommes particulièrement fiers, on ne peut s’empêcher de considérer l’EPP moins comme un outil d’évaluation – certes nécessaire – que comme un instrument de contrôle de nos pratiques à l’aune de leur adéquation aux exigences comptables.

Ce qui frappe dans ce dispositif gouvernemental, et qui nous conforte dans cette appréciation, c’est la simultanéité du DPC et de l’EPP. On mesure par là l’état d’esprit de cette loi, qui semble autant axé sur l’acquisition des connaissances que sur le contrôle de cette acquisition. Le DPC n’ayant pas encore produit ses effets en termes de progression des pratiques, que va-t-on bien pouvoir évaluer auprès des praticiens ?  

Rassurons-nous. La SOP continue, quant à elle, à prôner et proposer une formation continue qui ne se résume pas à une transmission des savoirs : c’est aussi un espace d’échanges interpersonnels et d’épanouissement, où chacun s’enrichit à travers l’expérience et le regard de l’autre. C’est également un lieu de convivialité et de confraternité.

Et de cela, on ne trouve nulle trace dans le dispositif de la loi HPST.