ACTEON GROUP site produits 2010-2011
Une opération de maintenance est en cours, pouvant provoquer quelques dysfonctionnements. Merci pour votre compréhension et désolé pour la gêne occasionnée.

Science rime aussi avec finance...-

Marc Sabek (Président du Syndicat CNSD d'Indre et Loire)

11/04/2002

Science rime avec conscience, dit-on. Et qu'est-ce que l'éthique (médicale)
sinon une conscience qui guide la science.


Mais science rime aussi avec finance. Et comment atteindre le progrès (médical),
sinon avec la finance au service de la science.


Aucun chirurgien-dentiste en France ne méconnaît cette équation. L'absence
cruelle de moyens financiers destinés à la santé bucco-dentaire dans le système
de protection sociale ne date pas d'hier. Certes, l'insuffisance (l'absence)
de financement des soins dentaires apparaît encore plus criante aujourd'hui.
C'est que, face à la science en marche, face à la formation continue, les moyens
accordés par la sécurité sociale aux soins dentaires de nos concitoyens, sont
quasi-inexistants. Et il est quelquefois(de plus en plus) difficile de promouvoir
des progrès techniques que la sécu -agents administratifs et praticiens conseil-
ignore.


Engourdis dans une spirale de toujours rattraper au cabinet ce qu'on nous
prend en dehors de celui-ci, ou ce qu'on refuse de nous donner, nous avons été,
dans notre grande majorité, peu sensibles aux discours alarmants. Sagesse du
faible, qui connaît sa situation dans la société d'aujourd'hui, ou égoïsme de
l'individualiste, soucieux d'abord de ses intérêts immédiats, jaloux de sa liberté
et de son indépendance pour accepter d'agir avec ses confrères ? Nous voulons,
d'abord et surtout, que nos avis soient suivis à la lettre, sinon ce sont les
autres qui bradent les intérêts professionnels. Nous voulons un exercice de
demain (côté techniques et science) avec le confort d'hier(côté finances). Nous
voulons que l'action syndicale nous propulse immédiatement dans l'avenir souhaité.
Sans quoi, nous dénonçons, à chaque crise, les syndicats, l'ordre, l'immobilisme,
l'archaïsme, etc. La faute à ceux-ci, la faute à ceux-là.


Aujourd'hui, la SOP, forte de sa crédibilité de 1er organisme formateur des
chirurgiens-dentistes, propose une action de mobilisation de la profession.


En tant que membre de la SOP depuis 14 ans, ayant quelquefois
mis à contribution mes modestes moyens au service de la formation continue,
en tant qu'ami de nombreux membres du conseil d'administration, et surtout admiratif
du travail de tous, il est évident que j'appuie de toutes mes forces cette initiative.


Mais aussi en tant que président du syndicat des chirurgiens-dentistes
d'Indre-et-Loire, je me réjouis de voir que, quels que soient nos cercles professionnels,
nous arrivons au même constat : seule l'action et la mobilisation ont une chance
de faire bouger les choses. Plus nous serons nombreux à dénoncer un système
archaïque, à refuser une réforme où l'ignorance le dispute à la démagogie, plus
nous aurons quelques chances d'être entendus et suivis.


Car, malheureusement, il ne suffit pas d'avoir raison chez
soi. Malgré les arguments que lui ont présenté les instances professionnelles
-y compris la SOP-, Monsieur Yahiel a rédigé un rapport fidèle à la raison énarchique
; qui sait tout, réfléchit et projette pour tous, écoute un peu, ne serait-ce
que pour faire semblant, et n'entend que ce qui est l'écho de sa solution, déjà
préparée.


Cet énième épisode ne doit pourtant pas nous étonner. Ce
ne sont ni la mission de réflexion (2 ans), ni le rapport médiatisé comme jamais
auparavant, ni les commentaires passionnés pour ou contre (surtout contre),
ni le petit groupe qui soutient cette synthèse qui étonnent, pas plus que l'absence
totale de décisions concrètes.


On n'a pas attendu cet épisode Yahiel pour constater l'impasse
du dossier dentaire et qui tient, à mon sens, à deux raisons majeures : la définition
même du problème par la profession dentaire, et la capacité de notre profession
à imposer des solutions dans une France où les " avancées " s'obtiennent d'abord
par ceux qui ont les moyens d'empêcher tous les autres d'avancer.


La définition du problème par la profession dentaire:


Qu'est-ce que les 40 000 chirurgiens-dentistes revendiquent
en commun ? De façon exacte, avec précision et point par point, quels sont leurs
souhaits, leurs ambitions professionnelles ? (...)


La richesse des opinions trouve sa limite dans l'absence,
voire l'incapacité, d'aboutir à une synthèse, de définir exactement le problème
dentaire en France (...)


Sans la capacité de chacun à accepter que l'entente au sein
de la profession est d'abord un compromis, sans admettre que l'autre exerce
autrement, qu'il a des contraintes et donc des espoirs différents, la synthèse
n'aura pas lieu et il n'y aura point de salut.


La capacité d'agir de la profession dentaire:


Une fois la synthèse réalisée, sous forme de revendications
où la quasi-totalité de la profession y reconnaît ses objectifs, il faut les
transformer en décisions prises par les pouvoirs publics.


Là encore, situons les quelques 40 000 chirurgiens-dentistes
dans la société où ils vivent : quantité négligeable, profession marginale,
aussi bien sur le plan numérique que " substantiel " : ,nous ne sommes ni avocats,
ni médecins, ni cheminots, ni routiers...


Nous sommes si peu acteurs dans cette société qui a d'ores
et déjà choisi son " quinté gagnant dans l'ordre ". Y aurait-il une monture
pour nous ?



  1. Le capitaliste : C'est le pouvoir suprême dans un monde
    de globalisation. C'est lui qui fait reculer le pouvoir politique. Le patronat,
    version moderne, ou version archaïque nous considère comme " les salariés
    de la sécu qui coûtent trop cher à nos entreprises ".




  2. Le journaliste : Qui façonne l'opinion, dans un sens ou
    dans l'autre. Rien ne se passe sans son aval ou, du moins, sans son concours.
    Combien de fois s'est-il trouvé à nos côtés ces dix dernières années ? Et
    combien de fois, notre profession, nos projets, ont-ils souffert de son "
    objectivité " ?




  3. Le juge : Là où les politiques ont failli, il a inventé
    des jurisprudences. Aujourd'hui, et quel que soit le domaine, c'est le juge
    qui fait la loi et le législateur suit, copie la jurisprudence.




  4. Le syndicaliste : Son pouvoir ne cesse de régresser. Il
    lui reste encore quelques îlots où, en masse, il fait reculer les gouvernants
    par la force et l'entrave à la loi et aux droits des autres. Bien entendu,
    il s'agit là des syndicalistes des grandes centrales. Pouvons-nous en faire
    autant ?




  5. Le politique : Le plus lucide des politiques a déjà fait
    le constat de sa place -son réel pouvoir dégressif -et essaie de faire avec.
    C'est-à-dire ménager le capitaliste, caresser le journaliste dans le sens
    du poil, tenter de museler le juge avec des réformes législatives qui succèdent
    aux réformes législatives, et faire semblant de négocier avec le syndicaliste
    pour finir par céder avant que journaliste et juge ne s'allient au militant,
    ou bien lorsque l'écho de la rue risque de raisonner dans l'urne. A-t-il encore
    un peu de temps, d'espace, pour s'occuper de nous ?


Spectateurs plutôt qu'acteurs, nous faisons partie de cette
frange de la société française qui a une existence économique, une existence
sociale, mais aucun poids pour peser sur la marche de la cité.


Certains voient dans la communication, un moyen de s'allier
le journaliste. C'est ce que fait la SOP, comme d'autres instances professionnelles.


D'autres se retournent vers le juge. C'est ce que nous avons
fait en Indre-et-Loire*.


L'action syndicale au sens traditionnel, a maintes fois été
essayée par la CNSD. La dernière " grande manifestation " du 12 juin dernier,
préparée pendant plus de trois mois, n'a rassemblé que quelques milliers de
professionnels de santé sur 600 000.


Une nouvelle action vient d'être décidée (...). Elle a peut-être
plus de chance d'aboutir à sensibiliser l'opinion. Nous verrons bien.


Quelle que soit l'action syndicale, elle ne doit pas nous
faire oublier la réalité du contexte. La meilleure façon de ne pas être déçu,
c'est de savoir ce à quoi nous pouvons nous attendre. Non que l'action serait
inutile. Mais, dans le contexte où l'on vit, quelle action ? Et quel résultat
escompté ?


Je ne prétends pas donner de réponses à ces deux questions.
Il me semble cependant que nous devons la sincérité à nos confrères. Nous n'avons
pas la possibilité de mobiliser des dizaines et des dizaines de milliers de
personnes pour bloquer la France et obliger les décideurs à changer le cours
des choses.


Ce que nous ne pouvons faire, ce sont des actions ponctuelles,
multiples, appuyées sur nos conditions qui permettront d'améliorer notre avenir.
Notre syndicalisme d'aujourd'hui se nourrit d'une guerre de tranchée, bien plus
difficile, bien plus subtile pour la faire adopter par nos confrères. Mais est-ce
une raison pour y renoncer ? Bien sûr que non.


Et bien sûr que la SOP est dans son rôle de dénoncer le système
actuel et de mobiliser le plus grand nombre pour le faire réformer. Ne serait-ce
que par fidélité à la mission de tout formateur : ne pas tromper ceux qui lui
font confiance sur les chances de mettre en oeuvre l'acquis de la formation continue
dispensée.


(*)Pour la première fois en France, nous obtenons deux
jugements majeurs, ayant une incidence sur toute notre profession :



  • Le Tribunal d'Instance de Tours a condamné la
    CPAM 37 (9 octobre 2001) pour non-paiement d'honoraires hors nomenclature
    dus pour un traitement CMU.

  • Le Tribunal Administratif d'Orléans a annulé (27
    novembre 2001) l'agrément d'un cabinet dentaire mutualiste de la banlieue
    de Tours


Société
Odontologique
de Paris

Retrouvez-nous sur…

Facebook  Twitter