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Croix-Rouge Haiti 2010
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Piercing : briser le silence

Philippe Safar (Président d'honneur)

01/05/2008

En 2002, à la suite du décès d'une jeune femme emportée par une infection consécutive à un piercing, nous en appelions, dans ces colonnes mêmes, à une mobilisation de la profession en faveur d'une information du public sur les dangers du piercing buccal. La SOP, encouragée par les parents de cette jeune fille qui, par hasard, lurent cet appel publié dans le JSOP sous la forme d'un éditorial, réalisa et diffusa, en 2003, un dépliant destiné à sensibiliser les praticiens et leur patientèle.

L'initiative privée, en l'occurrence celle d'une association de bénévoles, la SOP, prenait ainsi le relais des pouvoirs publics, dont le silence sur cette question était assourdissant. Bien entendu, nous n'ignorions pas qu'une réglementation des officines de piercing et tatouage constituait, avec l'information du public, un levier important d'une politique de réduction des risques. Mais de notre côté, nous avons pris nos responsabilités et accompli notre part du travail en communiquant et en informant. Nous avons rompu, les premiers, le silence poli, parfois embarrassé, qui régnait dans la profession sur cette question dérangeante. Il convient néanmoins de saluer ici le Conseil national de l'Ordre de notre profession qui dans un bulletin récent a pris le relais de notre initiative pour l'appuyer.

Les pouvoirs publics, à leur tour, viennent d'ajouter une pierre à l'édifice avec la parution d'un décret publié au Journal officiel le 20 février dernier. Certes, on ne s'empêchera pas de penser que les politiques et l'administration se sont hâtés lentement, mais au moins la réponse réglementaire vient d'arriver et nous nous en réjouissons.

Déclaration des officines, formation des personnels aux conditions d'hygiène, normes des locaux avec mise à disposition d'une salle exclusivement réservée à la réalisation des pratiques, stérilisation des matériels et traçabilité : les dispositions contenues dans ce décret sont celles qui étaient attendues, même si l'on peut regretter que les contrevenants s'exposent à des amendes relativement faibles – 1 500 euros au maximum, majorés en cas de récidive.

Parmi les dispositions qui prolongent et amplifient le travail réalisé par la SOP, on relèvera que les mineurs devront produire une autorisation écrite de leurs parents.

Par ailleurs, une information rédigée sur les risques et les précautions devra être formellement délivrée aux clients.

Au total, six ans après, ce texte réglementaire conforte la SOP. Il éclaire une part de notre identité profonde qui a trait à un certain esprit d'initiative et à la volonté de ne pas s'enfermer dans un conformisme douillet.

 

 

Société
Odontologique
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