Jeudi 18 octobre 2012
L'odontologie gériatrique27/01/2012 au 16/06/2012
Cycle long en Parodontologie13/09/2012 au 14/09/2012
Accédez à l'implantologie par la pratique
Dans un récent éditorial de l´Information Dentaire notre confrère et ami F. Unger, après la signature de la Convention entre les syndicats représentatifs de la profession et l´Uncam, s´interroge sur les raisons du silence qui accompagne cette annonce. Il s´étonne du calme des organismes professionnels plus prompts à s´enflammer en d´autres temps, et à mener des campagnes contestataires tapageuses. Il pose la question de savoir quelle est la raison de cette léthargie : est-ce « le calme avant la tempête » ?
La première réponse que nous proposerons à sa perplexité affichée, que nous partageons, nous est fournie par cette lassitude ambiante et ce mépris naissant pour tout ce qui touche à la « res publica ». Car jamais les valeurs traditionnelles n´ont été autant remises en cause qu´aujourd´hui, jamais les dangers économiques, financiers, sociaux, moraux, sécuritaires n´ont été aussi grands, jamais depuis très longtemps la classe politique n´a été aussi discréditée, jamais les désordres institutionnels n´ont été aussi violents. Notre société vit blasée.
La seconde réflexion nous vient de l´éducation que nous avons reçue de nos maîtres qui nous encourageaient à penser qu´il est généreux, sinon courtois, de partager avec l´autre. En l´espèce, il eût été élégant de faire connaître les nouvelles conditions d´exercice qui engagent non seulement les mandants des signataires mais tous ceux qui sont sans voix, tous ceux que cette signature engage dans une nouvelle aventure conventionnelle, et qui nourrissent des craintes justifiées avec un moral en berne. C´est pur savoir-vivre. Mais c´est aussi une erreur que de laisser, dans une profession à la recherche de son unité, s´installer un ressentiment gratuit à l´égard de ceux qui de bonne foi et en toute conscience ont voulu défendre leur profession et ménager, dans l´adversité, un nouveau type d´exercice.
La dernière réflexion nous est fournie par l´actualité économique et boursière. Elle tient à la similitude de situation des actionnaires d´Eurotunnel qui ont souscrit financièrement à un projet ambitieux pour construire un tunnel sous la Manche, qui au fil du temps ont dû avaler couleuvre sur couleuvre, qui vivent dans l´angoisse en voyant fondre leur investissement, et qui se voient aujourd´hui réclamer par la nouvelle direction, mise en place il y a peu pour sauver la société du naufrage, encore un effort pour éviter la spoliation par des créanciers impatients ! Ou les actionnaires valident cette réduction de dette ou la société se déclare en faillite. Tout se passe dans le système conventionnel sur le même mode. Ou les praticiens acceptent une réduction programmée de leur espace de liberté ou ils acceptent de devenir prisonniers des Caisses de Sécurité Sociale, de l´Etat, et des Assurances privées ce qui conduirait au conventionnement individuel et à une diminution autoritaire de leurs honoraires, ce dont personne ne veut.
La longue attente qui a conduit à cette nouvelle convention n´est pas non plus sans effet sur l´espoir d´une inéluctable adaptation de la profession. Les illusions des praticiens se sont depuis longtemps envolées. Comme les actionnaires d´Eurotunnel, ils en ont déjà beaucoup vu et entendu. Nous croyons tout compte fait, que cette sortie d´une interminable impasse les laisse indifférents et qu´ils s´en moquent comme d´une guigne. Parce qu´ils ont beaucoup enduré et qu´il leur reste encore un droit, le droit de croire au père Noël.