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Expressions

Marc Roché

01/02/2006

Le « Non » au référendum européen et la tentative de légiférer autour des aspects positifs de la colonisation sont autant d´épisodes récents de la vie politique française qui ont été jugés comme les symptômes d´un climat délétère fait de crainte en l´avenir et de perte de repères.

La profession n´échappe pas à cette ambiance générale et le même type de questions sur l´avenir et la nature de l´exercice se pose en son sein.

Dans ce contexte, la lecture de la publication annuelle du « Sou Médical », branche de la MACSF, revêt un intérêt tout particulier. En établissant le bilan des sinistres en rapport avec la pratique de la chirurgie-dentaire, cette publication donne une image en négatif de la profession, image instantanée qui s´inscrit dans le prolongement du passé et laisse imaginer l´avenir.

Bien sûr, l´intitulé de l´éditorial du Dr P-F CAMBON, « Prévenir et maîtriser le risque », ne pouvait laisser insensible une société scientifique comme la SOP.

C´est l´occasion pour nous, d´être confortés dans notre stratégie et de réaffirmer avec fermeté que la formation continue, fondée sur les données acquises de la science, est le moyen de satisfaire au même double objectif de prévention et de maîtrise du risque.

Mais au delà, lire dans un document émanant d´une société d´assurance, certes sous la plume d´un confrère, que la profession est dénommée « art dentaire » introduit une notion moins objective que l´évidence de la preuve scientifique.

A y bien réfléchir c´est un paradoxe plutôt rassurant !

Le terme d´« art dentaire » peut sembler un peu désuet dans une période où, du fait de contraintes de nature économique, réglementaire ou administrative, les pratiques évoluent vers une rationalisation de l´organisation -des actes et des gestes- calquée sur les « process » qui envahissent - au nom de la qualité et de la gestion - l´ensemble des secteurs d´activité. Mais, si la notion d´art souligne la primauté de l´expression de l´individu, acollée au mot « dentaire » dans

« art dentaire », elle met en avant l´importance de l´expression de la relation praticien-patient.

Là encore, société scientifique et société d´assurance s´accordent pour considérer cette relation comme gage de succès et de prévention des litiges.

Il ne faut surtout pas se méprendre, bien que cela sous-entendrait la valorisation pécuniaire de cette part immatérielle de notre activité, il est loin de l´esprit de la SOP de considérer l´exercice de la profession comme un art ! Surtout si on se souvient qu´Auguste RENOIR, qui fait l´actualité de la saison d´exposition à Paris, n´a jamais oublié, malgré le succès, le temps où il avait appris la peinture en décorant des pièces de porcelaine. En se revendiquant artisan plutôt qu´artiste, il soulignait l´importance de l´habilité manuelle !

Plus simplement, pour la SOP, le fait que ces deux dimensions de la pratique -la relation humaine praticien-patient et l´activité manuelle, bien sûr assises sur un savoir scientifique actualisé- continuent de distinguer notre profession, laisse augurer d´un avenir plus optimiste !

Artiste et artisan mais certes pas simple exécutant en bout de chaîne !

Société
Odontologique
de Paris

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