Jeudi 18 octobre 2012
L'odontologie gériatrique27/01/2012 au 16/06/2012
Cycle long en Parodontologie13/09/2012 au 14/09/2012
Accédez à l'implantologie par la pratiqueL´organisation rationnelle de l´emploi de son temps est vraiment une préoccupation majeure de notre époque. Surtout de ceux qui travaillent. Si nous avions besoin de preuves, il suffirait de reprendre les dizaines de sondages, spécifiques à notre profession ou non, où la course contre le temps est considérée comme le principal facteur de stress. Sujet de centaines de livres, et pour en avoir lu un certain nombre -et y avoir consacré pas mal de temps...- je puis vous affirmer que s´il y avait une solution miracle, elle serait connue... Et pourtant, Il y a des solutions. Les séminaires pour apprendre «à gérer son temps» ( on devrait écrire «à gérer sa vie») se vendent bien et sont légion. Le succès actuel des agendas électroniques est une preuve de plus des efforts réalisés pour se donner des outils puissants et performants. Malgré tous les outils à notre disposition et les agendas les plus perfectionnés, il n´y a toujours que 86400 secondes par 24 heures, qui, investies ou gaspillées, sont définitivement inutilisables le lendemain matin. On se donne bonne conscience en les achetant, et on les fourre dans un tiroir , malgré leur prix... Trop compliqué, trop long. Une fois encore, ce n´est pas l´outil qui fait l´organisation mais la motivation et la détermination du cerveau qui commande. Le problème venant de chacun de nous, les principes généraux sont applicables à tous et les solutions, strictement individuelles. Il n´y a pas de solutions préfabriquées. Il en est de même de tous les problèmes d´organisation. Une fois de plus, la difficulté, le problème, c´est nous.
Time is money
Cette expression, qui provient vraisemblablement des premières manufactures américaines (taylorisme), est bien présente dans tous les esprits, et fait partie des croyances qui empoisonnent la vie. Elle s´impose comme un paradigme, relayé par notre culture et notre mode de pensée cartésien, elle a trouvé un terrain favorable pour s´imposer. C´est une véritable imposture...
Au milieu du 19ème siècle, alors que 60% de la population française était rurale, le temps cyclique et élastique des paysans et des saisons est devenu le temps synchrone, linéaire et mécanique de l´usine. Il faut respecter horaires et cadences et l´angélus ne sert plus de repère dans la ville. On invente le chronomètre. Le paiement à l´acte, donc au rendement, mis en place avec les chaînes de montage, est à l´origine du «Time is money». Plus on produit, plus on gagne d´argent. Cette conception pernicieuse de l´efficacité a rapidement été abandonnée car les «gestionnaires en ressources humaines» -horrible expression !- de cette époque se sont rapidement aperçus que ce système conduit à l´accélération au détriment de la qualité et du confort, au désintérêt de l´ouvrier pour son travail, à l´absentéisme, à la maladie. (Se référer au film «Les Temps Modernes» de Charlie Chaplin). Le travail des chaînes de production actuelles est en grande partie effectué par des robots, qui n´ont pas d´état d´âme, ne font pas grève, n´ont pas d´arrêt maladie et travaillent à régime constant et à qualité définie et prévisible, pour un travail répétitif par définition et peu gratifiant.
Il est pour le moins surprenant que la rémunération à l´acte, dont on connaît bien les effets pervers, de certaines professions perdure, en particulier celle des professions médicales, la dentisterie étant un exemple parfait des conséquences pernicieuses de cette attitude : faire plus et plus vite c´est mieux. Gagner du temps. Accélérer. Plus de production d´actes rémunérés en moins de temps. Comme si le fait d´accélérer nous permettait de laisser le temps sur place...Recherche incessante de produits, de méthodes, de techniques, de matériels miracles qui doivent régler ce problème de temps. La tension continuelle sous la pression du temps ne conduit jamais au confort et à la qualité de vie, mais sûrement au surmenage, au désintérêt, à la déprime...D´ailleurs le contraire de la pression , c´est la dé-pression.
Quelle solution ? : ne pas en faire plus, faire autrement
La montre est l´objet le plus vendu dans le monde. Suivons les recommandations de Michel Serre : «Avant, personne n´avait de montre et tout le monde avait le temps. Echangez l´une contre l´autre : donnez votre montre et prenez votre temps !»
Le temps passé au travail, bien que cela ne soit pas la seule référence, sert à déterminer en France «le taux horaire du salaire de base»et la relation du temps et de l´argent fait partie de nos croyances et de nos petites voix intérieures telles que : «Dépêche-toi», «Fais plaisir», «Sois fort», «Sois parfait» etc... «Le temps c´est de l´argent, mais c´est aussi du plaisir» est le titre d´un ouvrage de P.Nicolas. L´étalon de mesure -la seconde , la minute ou l´heure-, est une mesure quantitative. On mesure le temps quantité et on oublie le temps qualité. Ces moments de bon temps, rares, donc précieux, de communication, de fête, de retrouvailles, ces moments passés avec votre amie, où son souffle chaud vous murmure à l´oreille «Avec toi le temps passe si vite...». À quoi sert de gagner du temps, si c´est pour travailler plus ?
Les méthodes pour éviter de perdre du temps
Tout le monde est du même avis, avant toute chose, l´essentiel est de savoir ce que l´on veut faire de sa vie, comment on va utiliser son temps. Choisir pour ne pas subir. «Que voudrais-tu avoir fait de ta vie lorsque tu mouras ? » «Le vent n´est jamais favorable pour le voilier qui ne sait pas où il va» Donner un cap et respecter ce que l´on décide. Si le vent est contraire, on tire des bords. Si cela se gâte et que cela va trop mal, on se met à la cape ou on part en fuite. Bien souvent la victoire, c´est la fuite. Ne pas se battre pour ce qui n´en vaut pas la peine. Ne pas défendre ce qui n´a pas besoin d´être défendu. Avoir une bonne hygiène de vie contre la perte de temps, contre le gaspillage.
Pour avoir du temps pour l´essentiel, il faut éliminer le superflu. «Donner la priorité aux priorités», selon le titre d´un des derniers livres de S. Covey, l´un des spécialistes actuels pour distiller ses conseils aux autres tout en en vivant confortablement...
Savoir ce que l´on veut et ce qu´il faut faire pour y parvenir. C´est très simple...mais pas facile !
Tout le monde est prêt à faire l´impossible pour réussir, sans avoir passé, ne serait-ce qu´une fois dans sa vie, un quart d´heure à définir réellement, fondamentalement, ce que réussir signifie pour lui. Et mieux encore, de l´écrire pour lui donner une forme, lui donner une existence. Et le relire chaque matin. «Qu´est-ce qui fait une bonne journée de travail pour moi ?» ou bien «A quoi je reconnais une bonne journée ?«
On va appliquer le même principe pour organiser le temps de sa journée.
Chaque matin, je vous conseille de passer 5 minutes, avant de quitter votre domicile, avec un papier et un crayon, pour imaginer le déroulement de votre journée. On commence par faire la liste de toutes les actions prévues ou souhaitables, puis on les classe par catégories à savoir : urgent/important, urgent/non important, non urgent/important, et non urgent/non important, cette dernière catégorie étant purement et simplement éliminée. On peut noter de zéro à cent par exemple, selon l´importance «penser à acheter du pain» = 5, déposer la déclaration avant minuit = 100.(pour le pain, ce n´est ni important ni urgent, mais il vaut mieux le faire tout de même...). Après avoir éliminé le superflu, une bonne solution consiste à se faire aider le plus possible : épouse, enfants, s´ils sont coopérants, amis, s´il en reste, assistante. Cela s´appelle la délégation. Déléguer tout ce que l´on n´est pas strictement obligé de faire soi-même. Je remarque que dans notre profession, le praticien maniaque et exigeant a tendance, parce qu´il s´explique souvent mal ou ne donne pas les moyens à tout faire lui-même, en croyant gagner du temps. C´est un art à cultiver que de réussir à déléguer l
On détermine ensuite à quel moment ce sera fait et combien de temps cela va «consommer». En tenant compte d´une marge pour les impondérables. Le temps tout compris.
C´est seulement avec un emploi du temps intelligent et rationnel qu´il y a de la place pour les opportunités. C´est ce qu´on appelle avoir de la chance. L´opportunité qui se présente devient le plus important et le plus urgent, c´est un 100++ dans notre échelle, si elle nous rapproche de nos objectifs, si elle nous permet d´aller dans le bon sens. Chaque rencontre et chaque opportunité est une bifurcation possible. Parce qu´il ne faut pas laisser passer des opportunités qui ne se représenteront peut-être jamais de notre vie, et être disponible à 100 % à ce moment-là. Mais en sachant où l´on en est pour garder le cap donc le contrôle.
Ces quelques minutes matinales en général, consacrées à l´emploi de son temps journalier, sont essentielles, elles font toute la différence. Essayez, vous serez conquis. Ne vous jetez pas tête baissée dans l´action.
On va procéder de la même façon au cabinet dentaire. Avant chaque journée de travail, passez quelques instants, avec votre assistante, liste journalière en main (copie du livre de rendez-vous et actions prévues) pour imaginer comment va se dérouler la journée, la vivre mentalement. À quel moment appliquer son énergie avec le plus d´intensité, à quel moment les actes répétitifs permettent de rester en roue libre. Réfléchir à deux, pour impliquer l´autre et pour être plus efficace. On ne peut fonctionner à 100 % toute la journée de travail. Moduler l´intensité de l´action. Être au top, par exemple, pour recevoir un nouveau patient, ou pendant les instants que l´on appelle les moments de vérité. (Les dix premières secondes, les premiers mots, un patient difficile, un cas complexe, etc.)
Dans la trilogie essentielle de toute activité à savoir préparation-action-bilan, c´est la préparation qui fait la différence. «Est-ce le meilleur moment, est-ce le meilleur moyen pour parvenir au résultat, est-ce le meilleur outil ?» « Peut-on différer, transférer à un autre membre de l´équipe, le faire à un autre moment?» Et si l´on néglige la phase de bilan, ce qui se produit le plus souvent parce qu´en fin de journée on ne dispose plus ni de forces, ni de temps, et que l´on se dépêche de rentrer (encore la course contre la trotteuse de sa montre, elle ne trotte pas, elle galope...) on se prive de l´exploitation du ressenti et de l´expérience dont il faut tenir compte pour améliorer la prochaine intervention. Et l´un des moyens que je vous propose pour contrôler votre vie est le suivant : au lieu de répondre à la question « est-ce comme cela que je dois faire ?» il vaudrait mieux vous préoccuper plutôt de savoir «est-ce vraiment cela que je dois faire ?» Remplacer le comment par le pourquoi.
Les voleurs de temps
Le sujet, nous l´avons déjà abordé dans ces colonnes mais il n´est pas résolu pour autant ! Ce sujet est bien documenté dans la littérature professionnelle et est abordé par tous les consultants. Simplement pour mémoire, quelques rappels, cette liste n´étant pas exhaustive, les moyens de se faire voler son temps sont légion. Le téléphone (le meilleur moyen d´éviter des pertes de temps s´il est bien utilisé ou le pire des chronophages), le bavardage (message à entropie nulle du genre «Quel sale temps aujourd´hui» ou bien «Vous avez vu les embouteillages.. »), les interruptions pendant l´action, les visites à l´improviste, les pannes, les retards, le temps d´attente -le temps de prise par exemple- le temps de remise en état du cabinet entre deux patients, le temps de recherche
(d´information, de document mal rangé, d´instrument qui n´est pas à sa place), et ainsi de suite. Faites votre liste. Demandez-vous pourquoi cela se produit et ce que vous faites pour que cela ne se produise plus. L´ennemi, une fois de plus, c´est nous !
Autres chronophages : des décisions trop rapides, par manque d´information, des décisions inadaptées, des travaux inachevés ou à refaire, la volonté d´en faire trop, le perfectionnisme.
Impossible de ne pas citer le manque de délégation. L´assistante et le personnel que vous avez choisi, informé, formé, entraîné, contrôlé, récompensé fait la différence. Chacun sait-il parfaitement ce qu´il a à faire, comment le faire ? A-t-il les moyens de le faire ? .Le stress majeur des assistantes est le suivant : le praticien en demande trop ( toujours plus) avec des délais trop courts, pour une compétence et des moyens souvent insuffisants. Former et entraîner. Expliquer, et alors on peut déléguer.
Beaucoup d´entre nous ne savent pas refuser. Par devoir de disponibilité, par gentillesse, par faiblesse, à cause de la fatigue. Savoir dire non à tout ce qui ne nous rapproche pas de nos priorités, de ce qui fait la qualité de notre vie. C´est souvent difficile, c´est une discipline à acquérir, l´enjeu en vaut la peine.
Pourquoi se laisse-t-on voler son temps ?
L´organisation
Comparer le temps de présence au cabinet et le temps de travail effectif : le temps pendant lequel on effectue des actes. Une assistante au fauteuil, une pièce installée avec un deuxième fauteuil sont des moyens dont nous devrions tous profiter pour une organisation non seulement confortable, mais lucrative. Ce ne sont pas des frais supplémentaires, contrairement à ce que pensent certains confrères, mais des investissements tout à fait intéressants pourvu que l´on se donne la peine de les exploiter
Il y a un risque : c´est de ne pas consacrer le temps nécessaire à l´écoute du patient. Ce n´est pas du temps perdu, c´est du temps investi. Comment répondre à la demande, si on ne connaît pas cette demande. Comment communiquer avec un patient, si on ne le connaît pas. Quelle difficulté de soigner un patient qui ne comprend pas notre langue. Et pour connaître le patient, il faut le laisser parler, l´écouter. Ce temps de l´écoute est essentiel pour le succès de la thérapeutique, il en fait partie. Mais ce n´est pas le praticien qui parle de lui, surtout si cela concerne sa dernière régate... Le patient est venu pour parler de lui. Ce sont ses attentes, ses désirs et ses besoins qui nous préoccupent, c´est lui la vedette, le VIP. L´écoute en elle-même est une thérapeutique, demandez aux psy ce qu´ils en pensent !
Autre temps investi : celui que l´on consacre, dans certains cabinets, aux réunions d´information, de contrôle, de bilan, d´évaluation. Comme par hasard, ce sont les cabinets qui fonctionnent le mieux. Par hasard...
Le livre de rendez-vous
Ou bien l´équivalent informatique du livre de rendez-vous. Bien connu par tous, puisque c´est le pilier de l´organisation des activités à contraintes horaires dans le cabinet. Sa tenue et la façon dont les rendez-vous sont accordés sont garants du confort et de l´efficacité de tous. Le fait de l´utiliser en permanence pourrait nous faire croire qu´il est utilisé correctement. Il est d´usage courant et il nous est familier. On croit le connaître parfaitement. Pourtant, on peut beaucoup améliorer son utilisation et en tirer un bien meilleur parti.
Cheval de bataille de tous les organisateurs, la gestion du livre de rendez-vous est une science et un art qui ne peuvent être laissés au hasard ou selon la chronologie des demandes. Là encore la notion d´importance et d´urgence prévaut. On peut appliquer la Loi de Pareto : 20 % des rendez-vous font 80 % de l´équilibre financier du cabinet. À méditer, et en tirer les conclusions éthiques et pratiques qui font le quotidien.
Quel que soit le système utilisé, il comporte une liste qui indique la réponse aux questions : qui ?, avec qui ?, quand ?, combien de temps ?, quoi ? et quel matériel ?, dans quel cabinet ?. Chaque jour, chaque collaborateur concerné dans le cabinet reçoit une liste imprimée ou photocopiée des rendez-vous de la journée.
Les activités du cabinet, donc les rendez-vous, peuvent être mesurés en unités de base. L´unité de base est la plus petite durée pour l´acte le plus simple et le plus bref que l´on puisse exécuter. Par exemple, enlever une suture, faire un contrôle. Sur le deuxième fauteuil, bien sûr. Dès qu´il s´agit d´un acte, on garde deux ou trois unités de base, ou plus selon le programme établi. La variété rencontrée dans les cabinets est étonnante. Je connais un cabinet qui reçoit la visite (que peut-on faire d´autre ?) de plus de 50 patients par jour et à l´opposé un confrère qui reçoit deux patients, parfois un troisième pour prendre date, et l´un comme l´autre ne cessent de travailler, pendant toute la journée.
Si vous êtes un patient vous préférez : venir 20 fois 10 minutes ou une fois pendant trois heures ?. Et à votre avis quel est le praticien le plus efficace et le plus rentable ? Celui qui reçoit 50 patients ou celui qui en reçoit trois ? Et en termes de qualité qu´en pensez-vous ? Vous êtes d´accord, alors que faites -vous dans votre cabinet? Vous êtes plus près de trois ou de trente ?
La détermination de l´unité de base dépend bien sûr de l´organisation du cabinet : présence d´une assistante, de ses aptitudes, sa vivacité, ses compétences, son entraînement, sa motivation, son salaire. En quelque sorte cela dépend encore de nous, de ce que nous méritons. Il en est de même pour les autres collaborateurs. Autre facteur essentiel (encore) : le deuxième fauteuil.
La durée de la remise en état, l´utilisation de plateaux pré-établis, de protocoles et de procédures écrits vont faire varier la durée de l´unité de base. En général, du simple au double, selon les cabinets. De 10 à 20 minutes.
Se doter d´une stratégie pour les urgences : une consultante américaine conseille à ses consoeurs qui ont une petite surcharge pondérale de les recevoir entre midi et deux heures, à la place de leur déjeuner, cela les aidera pour leur régime ! Quel que soit le système que vous avez déterminé, il faut avoir une stratégie et respecter le système, sinon il faut en changer. Si l´urgence devient une habitude dans votre cabinet, à partir d´une par jour en moyenne, vous réservez systématiquement un moment dans la journée, voir deux plages horaires pour recevoir l´urgence dans les deux heures qui suivent. Recevoir l´urgence est par principe un devoir et bien souvent un apport appréciable pour le cabinet (la reconnaissance des patients se manifeste souvent).
Ce qui est moins souvent prévu, c´est un temps de repos, de détente. Il est indispensable de faire des coupures, des pauses -café ou gym comme au Japon. Ce temps doit être toujours respecté. Inviolable. La machine humaine travaille avec des rythmes et ne peut pas fonctionner à 100 % sans arrêt. Les études ergonomiques et le respect de la physiologie nous apprennent comment respecter les rythmes, variables selon les individus, et à s´arrêter quand les signes de fatigue apparaissent. Accorder le plus grand respect aux clignotants physiologiques et comportementaux : mal au dos, céphalées, irritabilité, etc. Nous avons déjà développé ce thème ailleurs. Même quelques instants suffisent. Pourtant nous avons tous connu des après-midi sans avoir une seconde pour aller soulager sa vessie.... On ne peut passer outre lorsque les clignotants passent au rouge il faut en tenir compte sinon le prix à payer sera trop élevé. Pour les mêmes raisons, il est bon de commencer sa journée par une activité qui permet un échauffement progressif, une mise en route à votre rythme. Le plus difficile est le décollage et l´atterrissage. Cela s´applique aussi à chaque rendez-vous : constatez l´importance des dix premières secondes, des dix premiers mots prononcés : il y a des rendez-vous où le décollage est laborieux...l´atterrissage aussi quelquefois.
On ne remplit pas le livre au hasard, ou à la suite. On choisit soigneusement, les durées, les situations, les actes à effectuer, la difficulté (technique, relationnelle, etc.). Il y a des patients qui sont de véritables «aspirateurs d´énergie» et d´autres qui sont vraiment négatifs. Personne ne nous oblige à les subir. Il convient de décider si l´on va se battre ou non.
Avec le succès, le livre de rendez-vous se noirçit et le praticien est fier et rassuré. Ne pas pouvoir donner un rendez-vous avant trois semaines, est un motif de satisfaction et de fierté pour le praticien qui s´empresse de l´indiquer au patient. C´est d´autant plus regrettable que dans l´esprit du patient -les enquêtes de satisfaction nous l´ont appris -le délai idéal moyen que souhaite le patient pour venir au cabinet ne devrait pas dépasser six jours. Là encore, il faut réfléchir à une stratégie et l´appliquer. L´ennemi, c´est nous.
Lorsque la journée est «sur-bouquée» vilain mot très utilisé par les compagnies aériennes, c´est alors que d´autres difficultés apparaissent : l´unité de base tend à devenir de plus en plus courte, les rendez-vous aussi.
On ne dispose plus des 45 minutes initialement prévues, et l´assistante vous a grignoté dix minutes, en vous «glissant» une urgence entre deux rendez-vous, «juste une seconde». Nous avons tous accepté. Car elle est coincée entre le patient, qui insiste, qui est presque un ami, à qui elle ne peut dire non, et vous, qui n´avez pas envie d´accélérer. C´est là un autre risque : l´accélération. Aller au-delà de son rythme normal est possible, mais pas continuellement. Exceptionnellement c´est possible mais cela devient vite une habitude. Travailler à son rythme est essentiel. C´est fou ce que quelques instants de plus apportent comme confort.
Cherchez la contradiction avec les principes d´une organisation rationnelle.
Conclusion
Il ne faut pas se culpabiliser.
Il faut apporter une réponse claire à la question : «Que dois-je faire pour atteindre ce que je souhaite vraiment, ce que je veux vraiment faire de ma vie ?» Est-ce important d´avoir plus de temps si ce que l´on fait n´est pas l´essentiel pour soi, et que l´on s´est trompé de direction ?
Déterminer ce que l´on veut changer et ce qui en a le plus besoin. Evaluer ce que l´on ne veut pas changer et qui souvent reste ce qui en aurait le plus besoin....
Prendre la résolution de faire mieux.
Davantage et plus vite est forcément mieux : c´est une imposture ! Nous sommes tous à la recherche
de relations et d´échanges plus riches, de l´équilibre, de la paix intérieure.
Pas de temps à perdre, aujourd´hui est le premier jour du reste de votre vie...
BILAN
Comment utilisez-vous votre temps.
Attribuez une note de 0 à 100, en pourcentage.
1.Temps professionnel
2- Le temps de la famille
3. le temps pour soi-même
Si vous avez besoin de deux fois 24 heures par jour, cherchez l´erreur.
CONCLUSION :
Il y a CRISE : car on n´a pas choisi de faire l´essentiel.
Pour avoir du temps pour faire l´essentiel, il faut éliminer le superflu. Qu´est-ce qui est essentiel et que peut-on éliminer ?
Il faut répartir son temps harmonieusement pour ne pas privilégier une activité ou un rôle* au détriment des autres. Sinon il ne reste pas de temps pour les autres. On veut faire toujours beaucoup, on réussit la plupart du temps à faire peu. Il convient de choisir pour ne pas subir car nos vies sont la conséquence de nos choix.
Le DIAGNOSTIC est aisé si le temps nous file entre les doigts : trop de sollicitations, une mauvaise organisation, des priorités floues ou changeantes, des oublis, des compétitions inutiles, une mauvaise délégation.
*On est à la fois docteur, mari, père, enfant pour ses parents, etc... ceux qui ont privilégié leur vie professionnelle sont souvent célibataires.....