Jeudi 18 octobre 2012
L'odontologie gériatrique27/01/2012 au 16/06/2012
Cycle long en Parodontologie13/09/2012 au 14/09/2012
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La SOP a toujours revendiqué son indépendance. Elle ne souhaite toujours pas se muter en syndicat. Ceux qui imaginent une autre stratégie pour la SOP, en seront pour leurs frais. Par contre elle tient par l´attitude réfléchie mais tenace qui est la sienne, à peser sur l´évolution de l´exercice professionnel qui est proposé par la société, en fondant son argumentation sur ce qu´elle connaît le mieux et qui est son « fond de commerce » : le scientifique et la formation continue.
En ce sens, nous voulons à travers la participation trop modeste, à notre gré, au séminaire du 19 mai dernier sur l´Economie Tissulaire (nous n´étions que ... 430 praticiens à nous être déplacés) tirer quelques enseignements. Peut-être la date ne convenait-elle pas - le joli mois de mai - la publicité était-elle insuffisante, le thème un peu éculé, la matière traitée trop théorique, les conférenciers déjà entendus sur des sujets proches ? Tout est possible. Mais nous n´en croyons rien.
La Profession n´est pas concernée par l´Économie Tissulaire. Elle a répondu : absente. Notre conviction demeure que des choix de société ont été faits qui ne prennent absolument pas en compte la Prévention, qui ne mesurent pas l´importance du capital dentaire, et qu´enfin les mentalités sont installées dans le confort d´un curatif, beaucoup plus coûteux. La Profession se conforme à cette attitude sociétale et prend le parti de ne pas distraire de son temps pour modifier le cours des choses.
Or un récent article* paru sous la signature des éminents Axelsson, Nyström et Lindhe, fait état d´une étude menée sur 30 ans de traitements et résume les résultats obtenus dans une conclusion sans appel : « Plus tôt la maintenance est mise en oeuvre, moins il y a de dents perdues. La plupart des extractions consistent en des dents qui avaient reçu des soins conservateurs. Les traitements endodontiques et de restauration ont prolongé l´existence des dents sans pour autant aboutir à une pérennité égale à celle des dents naturelles indemnes ».
Ces résultats montrent à l´évidence qu´il faut de toute urgence, pour la Santé Publique en France, inverser « la vapeur » : des précautions et des concepts modernes en matière de prévention nous en avons une connaissance précise. Ils sont aujourd´hui bien codifiés. L´évaluation des risques carieux, le diagnostic précoce des lésions, les outils opératoires, la gestion de la configuration des préparations, les interventions a minima, la qualité des matériaux pour restaurer... Nous disposons aujourd´hui de tout ce dont nous pouvions rêver.
Que manque-t-il ? Une volonté politique affichée de porter nos efforts sur un programme qui tourne le dos définitivement au système de soins dentaires traditionnels exclusivement fondé sur l´excision et l´obturation des caries, système sujet à des récidives.
Il nous appartient, à une croisée des chemins de la vie conventionnelle, de faire entendre ce message à ceux qui sont en charge de décider. Notre responsabilité est aussi grande que la leur. Et si nos convictions sont fortes, nous saurons que nous n´avons pas été seulement écoutés, mais entendus.
* (Journal of Clinical Periodontology 2004 ; 31 : 749-757)