Jeudi 18 octobre 2012
L'odontologie gériatrique27/01/2012 au 16/06/2012
Cycle long en Parodontologie13/09/2012 au 14/09/2012
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Mue par le souci obstiné du risque zéro en toute matière, la société fait peser sur ses membres une contrainte qui inquiète, quand elle ne décourage pas.
Et le fait est aujourd´hui significatif dans la profession médicale, particulièrement dans certaines spécialités à risques qui ont défrayé la chronique au premier rang desquelles la gynécologie. Il est vrai que la profession médicale (et la chirurgie dentaire revendique cette appartenance) a subi, en relativement peu de temps au regard de l´Histoire de l´Humanité, une étonnante transformation de sa pratique passant d´un savant obscurantisme à une médecine scientifique moderne qui s´installe ou que la société installe comme infaillible.
Si autrefois, cette pratique médicale était confiée à une autorité surnaturelle, à la magie, ou à des guérisseurs, elle répondait, comme aujourd´hui, à une détresse des patients en quête d´une sécurité absolue et d´un apaisement des symptômes qui altèrent l´intégrité de leur corps.
A cette autorité surnaturelle la société occidentale s´en remet de moins en moins, au fil du temps, tirant profit des leçons de Descartes sur la Méthode, des analyses statistiques qui montrent « numériquement » que l´acte médical peut être évalué dans son efficience thérapeutique.
Tant et si bien qu´on en arrive à concevoir la pratique médicale non plus seulement comme un art, disposant de la clinique, de l´intuition, de l´écoute du patient envisagé en tant qu´être singulier, mais comme une référence absolue, infaillible. Cette approche qui se veut rigoureuse, qui exclut de facto le risque d´erreur, trouve son point d´aboutissement dans les recommandations qui sont tous les jours publiées, et dans l´Evidence Based Medecine (médecine fondée sur la preuve) qui s´impose dans toute la littérature. Alors on entrevoit les risques de ces systèmes d´encadrement, qui, à vouloir aider le praticien dans sa pratique, risquent de donner à croire à l´extérieur de la communauté scientifique médicale que les praticiens disposent en dehors des outils matériels sophistiqués, des moyens de ne se tromper jamais. Et dans cette mesure l´erreur est intolérable.
Il convient de réfléchir sans attendre aux dispositions à prendre pour avertir les patients que la pratique médicale demeure encore une science entachée de beaucoup d´incertitudes, et que l´aléa thérapeutique existe même si la responsabilité individuelle du praticien reste engagée.
Il convient aussi d´encourager la Formation Continue des praticiens pour prévenir et limiter les risques liés à leur exercice médical. Dans cette optique nous saluons volontiers l´obligation légale qui impose aux praticiens de se former et de renouveler leurs connaissances, ainsi que l´entité juridique qui devrait voir le jour avec une reconnaissance officielle des pouvoirs publics.