Jeudi 18 octobre 2012
L'odontologie gériatrique27/01/2012 au 16/06/2012
Cycle long en Parodontologie13/09/2012 au 14/09/2012
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La Journée qu´organisait la SOP sur le thème des Migrations Dentaires, le 24 mars dernier nous a inspiré quelques réflexions. Et les commentaires qui accompagnent les réponses aux questionnaires - que les participants à ces journées livrent en fin de séminaire - justifient notre réaction.
Nombreux sont ceux, en effet, qui à travers leurs commentaires, se sont réjouis d´une ouverture d´esprit sur des données scientifiques originales, qu´ils savaient pour les avoir apprises, et qu´ils avaient au fil du temps et de leur exercice, reléguées au second plan dans leur clinique, au quotidien. De fait, nous ne pouvions envisager le problème posé par les migrations dentaires que sous l´angle d´une étiologie multifactorielle, et la réponse thérapeutique se devait d´être une réflexion passionnante sur le traitement de la globalité des cas cliniques exposés. C´était bien sûr un parti pris, mais qui devrait s´imposer à tout praticien dès lors qu´il accepte de prendre en charge un patient, en ne se satisfaisant pas d´envisager un acte exécuté sur une dent (celle-là même pour laquelle le patient est venu en consultation) en ne se contentant pas de suivre scrupuleusement un protocole, mais en envisageant la cavité buccale et le système dentaire comme une entité biologique, fonctionnelle et esthétique. Et ce, sans compter la dépendance de cette entité à une approche médicale plus générale.
Il faut dire pour la défense de ces confrères qui éprouvent - principalement faute de temps, à consacrer à leurs patients - des résistances à s´inscrire dans cette philosophie qui n´est pas que théorique, il faut dire que la NGAP (Nomenclature) et la CCAM (demain) n´incitent pas à envisager la globalité des cas cliniques. Elles induisent, plutôt qu´une réflexion sur une stratégie thérapeutique, des comportements qui encouragent, et encourageront à ne voir que des dents isolées de leur environnement, et des actes attachés à ces dents, sans que soit pris en compte ce qui nous paraît essentiel : l´intégration et la justification de l´acte thérapeutique dans un système complexe, interdépendant. Or ce sont ces inter-relations qui représentent toute la richesse de notre exercice, un peu comme au jeu d´échecs, la bonne décision l´emporte après analyse des milliers de combinaisons possibles. C´est ce jeu de l´esprit qui est exaltant, qui aiguise la réflexion, et rend difficile le choix d´exécuter un acte plutôt qu´un autre.
Or notre fonction de médecin de la cavité buccale nous invite à deux rôles : celui d´ordonner des soins ou des actes, et celui consécutivement de les réaliser.
Or la méthotologie qui a présidé à l´élaboration de la CCAM fait appel à quatre paramètres : durée de l´acte, technicité, effort mental, stress.
En ce sens, la logique de la CCAM n´est que descriptive et tarifaire. Elle n´est qu´un codage des actes (7 200 environ).
Elle occulte totalement notre richesse d´ordonnateur de soins, pour ne privilégier que l´aspect technique.
Cette réforme de la Nomenclature qui se voulait novatrice et structurante nous apparaît plutôt s´inspirer d´une vision étriquée de notre exercice et réductrice dans la place qui nous est confiée sur le plan de la Santé Publique, d´autant qu´elle peut inciter à accroître les dépenses en accusant les carences dans la réflexion et le discernement du meilleur choix. L´alibi de la Convention ne devrait pas encourager autant de désinvolture lorsqu´il s´agit de santé.