MACSF 2012 #1
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Croix-Rouge Haiti 2010
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Vente à la découpe ?

Marc Roché

03/11/2009

Pour contrôler les dépenses de santé, la loi HPST s’inspire des méthodes de l’entreprise qu’elle applique au domaine de la santé : administration des hôpitaux par des gestionnaires, compétition inter-services plutôt que coopération, ouverture à 100 % du financement des laboratoires de biologie à des investisseurs extérieurs…

Et puis vient un alinéa quater A à l’article 18 qui fait que la profession se perd en hypothèses. Sous prétexte de transparence, c’est l’intention du législateur qui devient floue. Car, objectivement, qui peut avoir intérêt à ce qu’un tarif de prothèse soit communiqué au patient ?

Alors que les sociétés scientifiques, en particulier quand la prothèse intervient, prônent le traitement global et défendent l’acte global auquel est attachée notre responsabilité, la globalisation, dans le domaine économique, prend un tout autre sens, celui des externalisations et de la financiarisation de l’industrie. Au bout de sa logique, le constructeur automobile fait fabriquer ses voitures et communique sur son rôle de « concepteur ». Il ne compte plus uniquement sur la vente des véhicules pour dégager du profit, mais aussi (ou surtout ?) sur un financement maison ou un package incluant l’entretien, une extension de garantie et une assurance ! En ne faisant plus tout à fait son métier, il réalise le rêve d’une rente versée par une clientèle prisonnière. Comparé à cela, le chirurgien-dentiste fait figure de dinosaure, lui qui reste un artisan dont les revenus dépendent strictement du travail qu’il est capable de produire dans un temps donné et dans une relation de face à face avec son patient.

Entretien, garantie et assurance, voilà un package de services que notre déontologie professionnelle s’interdit de vendre aux patients mais qu’elle assure sans barguigner.

Et c’est bien là que se situe le danger ! Car, en distinguant la part matérielle de l’acte prothétique représentée par le tarif du prothésiste, le législateur procède à une découpe de l’acte médical qui ouvre la possibilité à ceux dont c’est le métier de créer le « nouveau produit – entretien-garantie-assurance ». Alors la découpe de notre pratique précède-t-elle sa vente à des capitaux privés à l’instar de ce qui est désormais possible pour les laboratoires de biologie ?

Si l’on se réfère à l’esprit de cette loi, il est permis de le penser ! Cela constituerait  un bouleversement des rapports qui se ferait au détriment de notre profession,  de celle de prothésiste, mais surtout aux dépens du patient. Ainsi pourrons-nous dire qu’aux deux perdants de la jolie fable de La Fontaine Le Chat, la belette et le petit lapin il faudra en ajouter un troisième : le patient !

Société
Odontologique
de Paris

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