MACSF 2012 #1
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Croix-Rouge Haiti 2010
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Sommes nous vernis ?

Philippe Safar (Président d'honneur)

01/12/2008

Il nous a été donné d'assister, en tant qu'invité, à la 2e université d'été de la Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD). Au-delà des relations conviviales et confraternelles, de la franche camaraderie qui régnaient – ainsi que des attentions dont nous avons fait l'objet –, nous avons pu écouter en direct ceux qui, en matière de santé, tiennent le timon de l'Etat. Cette rencontre nous a permis de mesurer, plus encore que par le passé, le fossé qui perdure entre les pouvoirs publics et la profession à propos de ce qu'il est convenu d'appeler la « prévention en chirurgie dentaire ». Nous avons été consterné de constater l'apparente méconnaissance de ce dossier par les plus hautes instances. Mais nous voulons croire que cette méconnaissance est plutôt feinte, pour éviter d'aborder le problème au fond.

L'assurance maladie obligatoire (AMO) parle de succès quand il s'agit du dépistage d'enfants de certaines tranches d'âge (grâce au bilan bucco-dentaire ou BBD). Elle s'enorgueillit d'une avancée majeure : 40 % des enfants consultent ! Combien d'heures de palabres n'a-t-il pas fallu à ceux qui ont défilé dans le bureau de Monsieur Yahiel (chargé de mission) pour décrocher ce maigre résultat sept ans après son rapport !

Les assurances complémentaires semblent vouloir s'intéresser au dépistage chez les adultes, mais dans certaines branches professionnelles particulièrement vulnérables et prioritairement les boulangers…

Les applaudissements polis qui ont ponctué les discours laissent bien voir que nous restons sur nos positions. La prévention n'est pas seulement le BBD comme veut le faire croire un saisissant raccourci ministériel. Elle est aussi, plus largement, issue de la connaissance du phénomène carieux, des réactions du métabolisme bactérien, de l'équilibre entre déminéralisation et reminéralisation. Elle utilise une technicité (les vernis, par exemple) qu'il convient de prendre en compte et de mettre en œuvre.

Nous avons, en tant que professionnels de santé, le devoir de mettre en garde les responsables de la santé et de les en avertir. Eux, le sachant à leur tour, ont les moyens, par les dispositions qu'ils peuvent prendre, d'agir en conséquence. Ils peuvent induire des changements de comportement des praticiens pour les inciter à accomplir des actes de prophylaxie plutôt que des actes curatifs. Sinon, il faut qu'ils assument la responsabilité qui est la leur vis-à-vis de ceux qu'ils sont censés défendre : ils continuent, par leur aveuglement, de négliger nos mises en garde et d'ignorer ce que signifie réellement pour nous la qualité des soins.

 

 

Société
Odontologique
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