Jeudi 18 octobre 2012
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Journées Gestes d'urgence 2
Une étudiante drômoise de 19 ans est décédée en janvier dernier des suites d'une endocardite infectieuse après la pose d'un piercing nasal qui a, selon toute vraisemblance, constitué la porte d'entrée de la bactérie : un staphylocoque doré. Quoique assez tôt la sérologie ait pu révéler cette présence, et que le diagnostic d'endocardite fût posé, les complications neurologiques ont été rapidement catastrophiques au point qu'une embolie septique du tronc cérébral s'installa et qu'aucune intervention n'enraya l'affection.
D'autres cas moins dramatiques semblent avoir été répertoriés en France. Ils apportent la preuve que poser un piercing n'a rien d'un geste anodin. Et ce, d'autant plus, s'il est pratiqué sur une zone filtre telle que le nez, la cavité buccale ou le nombril, des sites où la concentration bactérienne est maximale . A notre connaissance aucune réglementation sanitaire ne s'impose pour codifier l'exercice du métier de perceur, ni aucune démarche réglementaire n'est engagée vraiment pour prévenir les risques.**
Dans un tout autre domaine, nous avons pu relever dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire ( BEH n° 18/2004 ), les résultats d'une étude des services de l'inspection régionale de la Drass du Centre, à propos des risques infectieux que feraient encourir les pédicures- podologues à leurs patients. Il s'avérerait que ces risques seraient élevés, eu égard aux prises en charge de patients porteurs de cor, durillon, ongle incarné, hématome sous-unguéal, papillome, verrue plantaire ...., eu égard aussi à l'organisation des locaux ainsi qu'aux pratiques de stérilisation et d'élimination des déchets. La conclusion de cette étude souligne qu'un renforcement des bonnes pratiques d´hygiène dans les cabinets de pédicurie est un objectif à atteindre rapidement."
Dans notre profession, nous connaissons avec acuité cette pression des organismes spécialisés qui veillent sur tout ce qui a trait au risque sanitaire. Et nous croyons pouvoir dire que depuis longtemps déjà la Profession s'est organisée pour s'assurer que le risque infectieux dans les cabinets dentaires soit maîtrisé. D'autant que, si certains d'entre nous n'avaient pas réagi preuves à l'appui, et ne réagissaient pas encore, nous aurions tôt fait de ne plus pratiquer la chirurgie dans nos cabinets, dans un souci louable de tendre vers le risque zéro.
S'il est normal que l'organisation de la société implique des lois et des règlements sanitaires, il est non moins normal qu'elle évalue avec discernement la nature du risque que font encourir les praticiens, sans se laisser tyranniser par les seuls principes qui guident la politique. Le principe de précaution ne peut être avancé que s'il y a intime conviction : il convient alors de convaincre pour être efficace. C'est peut-être au nom de ce principe qu'il faudra rendre conscients les pédicures -podologues. Mais, ce sera au nom du principe de prévention qu'il est urgent d'intervenir auprès des perceurs pour encadrer leurs pratiques, car le risque est déterminé.
* Titre emprunté au dépliant publié par le Réseau Ville Hôpital 73 ( C.H.Chambéry-Coordinateur : Dr.O. Rogeaux )
** Consciente du problème posé par le piercing, la SOP éditera à la rentrée prochaine une plaquette d'avertissement des risques encourus, qui sera mise à la disposition des praticiens pour leur salle d'attente.