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Croix Rouge campagne 2013
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Prophète en son pays

Marc Roché (président de la SOP)

01/05/2017

Comme pendant la
« drôle de guerre »,
rien ne semble bouger

LA PÉRIODE PASCALE a été l’occasion pour la SOP d’effectuer son 16e voyage congrès à l’île Maurice. L’occasion aussi de s’ouvrir à un autre contexte d’exercice et de prendre quelque distance avec l’actualité conventionnelle et électorale. Depuis la publication du règlement arbitral au Journal officiel, nous vivons une curieuse période. Comme pendant la « drôle de guerre », rien ne semble bouger.

Un recours en inconstitutionnalité a bien été déposé devant le Conseil d’État par nos syndicats avec de bonnes chances de recevabilité ; des cellules de coordination des dentistes libéraux se sont constituées ; des consignes ont été données afin d’engorger les caisses d’assurance maladie. La menace du déconventionnement massif plane à nouveau…

Mais, malgré le rejet par l’ensemble de la profession de cet arbitrage inique, rien ne se passe. Fourbirait-on les armes de la révolte ou espère-t-on que le futur gouvernement sera plus ouvert au dialogue ?

 

EN FRANCE, DANS LES MÉDIAS, présidentielle oblige, la campagne écrasait de son omniprésence toute l’actualité : moins que jamais, le contre-feu de nos messages était relayé vers le public, bien qu’il soit le principal intéressé par les conséquences délétères de ce règlement arbitral.

En revanche, contraste du terrain, les 16es journées SOP-MDA à l’île Maurice ont bénéficié à la fois du haut patronage du ministère de la santé Mauricien et d’une belle couverture par la presse locale, télévisée et écrite.

 

ALORS, SANS PRÉTENDRE FAIRE CAMPAGNE à partir de l’outre-mer ou de l’étranger, comme les candidats font campagne à la présidentielle à destination des Français, la SOP a pu exporter sa connaissance de la complexité de notre métier. Celui-ci est constitué de multiples aspects, il ne se limite pas à l’acte et n’est pas un business. Surtout, il sait s’adapter à la diversité des situations locales.

En l’occurrence, la SOP a trouvé questions plus pertinentes et oreille plus attentive chez les Mauriciens – qui découvrent le CPD (continuous professional development) – que dans les cabinets ministériels. Ceux-ci, alimentés par le « big data », s’appuient sur une doxa qui se situe aux antipodes. Elle relève moins du dialogue que des préceptes de Frederick Taylor (1) pour qui « toute personne ayant l’instruction nécessaire et l’esprit de synthèse peut, mieux que l’homme qui exécute le travail, conduire les recherches qui permettent d’énoncer des lois à imposer au travailleur ».

Alors certes, entre les promesses électorales et leur matérialisation dans les faits, il y a trop souvent plus de distance qu’entre théorie et pratique mais, à l’écoute du programme envisagé où les mots de « concertation », de « revalorisation des actes », de « renforcement de la prévention » ou de « sensibilisation au quotidien » ont été prononcés, on peut imaginer que le dialogue se remette en marche.

Et que la SOP soit prophète en son pays.

 

Marc Roché

 

(1) Cité par Danièle Linhart, La comédie humaine du travail, p. 74, Érès éditeur.

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