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Libéral, mais pas trop

Meyer Fitoussi (président de la SOP)

01/10/2007

Dans un monde libéral rationnel, le praticien choisit en conscience son programme de formation continue selon des besoins précis adaptés à son type d´exercice. Attaché aux notions d´indépendance, de liberté thérapeutique et de responsabilité individuelle, il finance lui-même, et en toute logique, sa formation post-universitaire, désormais obligatoire.

Eh bien ! non. Depuis quelque temps, on peut revendiquer haut et fort le caractère libéral de notre exercice tout en étant partie prenante du système dit « conventionnel » où le praticien libéral est indemnisé pour suivre une formation pas forcément adaptée à ses besoins réels.

Voilà une bien curieuse posture ! On peut défendre le « fait » libéral côté cour et participer à une « collectivisation » de la formation, côté jardin. Quel impérieux motif justifie cette contorsion ? On a argué, en son temps, que cette formation rémunérée s´adresserait aux praticiens rétifs à l´actualisation de leur connaissance. Une explication qui ne tient plus depuis l´obligation de se former. S´agit-il alors de venir en aide à ceux qui ne peuvent pas financer leur formation ? La profession - et la SOP y est prête - peut parfaitement organiser elle-même, et selon des modalités à définir, un mécanisme de solidarité pour ces praticiens.

Mais le noeud du problème est ailleurs. Les finances de l´assurance maladie n´étant pas extensibles, seuls 7 % des praticiens, selon les estimations de nos syndicats, pourront prétendre à cette formation partiellement ou totalement rémunérée. Quid des autres ? Dans le pays de la passion égalitaire, cette captation de la manne au profit d´une minorité a quelque chose de choquant.

Plutôt que de creuser plus encore le déficit de la « sécu », ne serait-il pas plus logique de prôner un système de crédit d´impôt « formation continue » pour tous les praticiens et proportionnel à l´engagement de chacun dans cette formation ? Nous, professionnels libéraux, ne méritons-nous pas des syndicats engageant un combat alliant équité et valorisation de l´exercice libéral ? Protester haut et fort du caractère résolument libéral de notre pratique, c´est bien. Encore faut-il ne pas être contredit par ses actes.

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