CROWN CERAM  I  Laboratoires prothèses dentaires
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Les temps modernes

Marc Roché

24/01/2005

Depuis vingt ans la SOP organise une séance au congrès de l'ADF : « La séance des nouveautés » dont le principe est de présenter à la profession les derniers matériels et matériaux produits par l'industrie.


En 2004, le caractère de cette séance était un peu différent puisque à l'occasion de sa vingtième édition, elle proposait le bilan de ce qui avait été considéré comme nouveau pendant les vingt ans écoulés. Deux des cinq conférenciers avaient titré : la révolution ! Qu'elle soit permanente ou continue, à notre sens s'il y a révolution, elle est surtout industrielle.


Industrielle dans le sens où la machine supplée de plus en plus l'humain car l'intervention humaine est sensée souffrir de deux inconvénients : son coût et une moindre capacité à reproduire des actes à l'identique. Industrielle également, dans le sens où la modélisation des actes est devenue l'objectif car cela rend possible leur évaluation. .


La rotation continue a permis de passer des prototypes de mise en forme manuelle aux séries de mises en forme mécanisées qui allégent cette phase longue et fastidieuse des traitements endodontiques aisés.


En prothèse fixée, différents systèmes prothétiques tentent de s'affranchir de l'erreur humaine, au stade de la lecture des lignes de finition sur un modèle positif unitaire usiné par une machine-outil, en ayant recours à différents palpeurs, scanners et autres lecteurs optiques pour aboutir à la production industrielle de chapes en céramique dont le coût, toutefois, n'est pas encore inférieur à celui d'une chape métallique.


En implantologie, l'industrie propose un nouveau système, sorte de kit pré usiné de réhabilitation de l'arcade complètement édentée, qui résulte d'une logique « jusqu'au-boutiste », puisqu'elle introduit en dentisterie une notion d'échange standard habituellement réservée à l'automobile...


Une telle révolution industrielle peut amener les chirurgiens-dentistes des principes ergonomiques développés par Kilpatrick vers une rationalisation plus inspirée de Stakhanov et de Taylor, de Docteurs en chirurgie dentaire à ouvriers spécialisés et les patients de sujets à objets.


Ne nous y trompons pas, dans un univers régi par des lois industrielles et
commerciales, cette révolution est en route avec ses progrès mais aussi avec ses conséquences sur nos exercices et avec ses dangers.


Plus que jamais la prudence s'impose dans nos choix et une formation continue libérale et indépendante qui ne soit pas liée à d'autres intérêts que scientifiques et humains doit les guider. Une formation continue de qualité, démarquée de la pensée unique, permettra de s'armer intellectuellement car une machine ne réfléchira jamais au meilleur traitement pour un patient.


Demandez donc à votre ordinateur ce qu'il en pense !


Société
Odontologique
de Paris

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