MACSF 2012 #2
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La réintervention...

Philippe Safar (Président d'honneur)

01/10/2002

La réintervention en Chirurgie Dentaire risque, dans les années à venir, de prendre le pas sur tout ce qui ressort des thérapeutiques bucco-dentaires. Cet essor, cette place prépondérante que semble prendre le fait de réintervenir, les dirigeants de la politique de santé actuelle contribuent à l´encourager par leur incroyable manque de lucidité. ...À moins qu´ils ne soient pas avertis...


Réintervenir sur une dent est indiqué face à un constat d´échec du traitement initial. Toute réintervention est une thérapeutique plus aléatoire qu´un traitement et le pronostic du retraitement est généralement moins favorable. Il nécessite des manoeuvres iatrogènes, le temps d´intervention est plus long, et par la force des choses, plus coûteux.


Alors pourquoi peut-on prévoir sans risque de se tromper, que dans les prochaines années nos cabinets seront encombrés de rendez-vous avec des patients difficiles à traiter, des patients qu´il faudra longuement préparer aux risques de la perte de dents consécutifs à des soins insuffisants, aux aléas potentiels, à des déboires. Pourquoi, pour éviter de prendre trop de responsabilité dans la conduite d´une thérapeutique délicate, parce que spécifique, le praticien généraliste s´abstiendra ou s´estimera incompétent et contraint d´adresser son patient à un praticien spécialisé, ayant une expérience et une compétence reconnues en matière de pratique qu´elle soit endodontique, prothétique, de dentisterie restauratrice ou implantaire ?


La réponse est simple : à vouloir forcer les cadences, sans recenser les difficultés, à prétendre à l´amélioration de la qualité des soins sans une rétribution adéquate, à vouloir exiger des efforts particuliers sans mesurer les coûts de la pratique, la résistance des praticiens risque de céder, leur enthousiasme pour ce métier et leur conscience, de s´évanouir.


La situation ne doit pas être évaluée en fonction de la vie politique du moment, mais pour le plus grand bénéfice du patient. Il conviendrait que ceux qui sont en charge de la santé de la population (Ministères, caisses de Sécurité Sociale, syndicats dentaires) ne négligent pas qu´une limite du supportable est atteinte, et que déjà ils font prendre des risques aux praticiens généralistes qu´il leur faudra peut-être un jour partager.

Société
Odontologique
de Paris

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