CROWN CERAM  I  Laboratoires prothèses dentaires
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Croix-Rouge Haiti 2010
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Jeux de rôle

Meyer Fitoussi (président de la SOP)

01/10/2008

Il existe un nouveau mot, aux vertus magiques, très répandu dans les instances professionnelles et dans nos administrations de tutelle. Ce mot magique est « santé publique ». Par un cruel paradoxe, il n'a jamais autant été employé aujourd'hui alors même que la profession et, partant, l'offre de soins dentaires globale n'a jamais été autant menacée.

De quoi s'agit-il ? Aujourd'hui, plus personne n'a intérêt à pratiquer des soins en tant que généraliste(1). Les étudiants et les jeunes diplômés, avec la bénédiction des facultés, viennent grossir le nombre de praticiens qui se précipitent dans la course aux diplômes universitaires d'implantologie, de parodontologie ou de prothèse.

Eux ont bien compris cette dérive. Leur objectif est clair : il s'agit d'aller vers un exercice spécialisé et tenter ainsi d'échapper à l'angoisse des fins de mois difficiles de la pratique généraliste.

Qui les en blâmerait ? Car un praticien devrait pouvoir exercer sereinement son activité – en acceptant évidemment les responsabilités inhérentes, comme l'impératif de suivre une formation continue post-universitaire et le respect des données avérées de la science – sans être obnubilé par les seuls soucis de rentabilité économique.

On n'en est pas là, loin s'en faut. On s'éloigne même chaque jour un peu plus de ce que devrait être une dentisterie généraliste de qualité assurant la santé dentaire des Français.

Tout le monde s'accorde pour dire que les professionnels qui pratiqueraient aujourd'hui exclusivement des soins conservateurs au tarif conventionnel seraient incapables d'en assumer les charges, les contraintes administratives et les horaires, sans parler du stress. Pourtant, les généralistes représentent le plus grand nombre – pour combien de temps encore ? Ils apparaissent comme les sacrifiés de la profession. Or, tout le monde le sait aussi, le soin préventif et conservateur est l'acte de santé publique par excellence. Il faut engager une politique de valorisation progressive de quelques soins essentiels (endodontie, dentisterie restauratrice et extraction) pour éviter une carence qui s'annonce. Il serait temps que ceux qui ont la charge de penser la santé dentaire des français négligent les jeux de rôle pour s'atteler enfin à leur véritable mission. Il s'agit ni plus ni moins de rendre les praticiens à leur profession pour assurer pleinement la santé dentaire de la population.

 

(1) A cet égard, les chiffres donnés dans le dernier bulletin de la CARCD (juillet n° 72) donnent une idée des écarts de revenus entre une minorité privilégiée (10 % déclarant un revenu de 13 300 euros mensuels) et quelques 13 % de praticiens gagnant moins de 2 500 mensuels. C'est évidemment la première dont on parle le plus souvent…

 

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