MACSF 2012 #2
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DE QUI SE MOQUE-T-ON ?

Le conseil d'administration de la SOP

01/04/2000

Certains responsables syndicaux de la profession ne semblent pas avoir pris la mesure du mécontentement profond et de l´inquiétude qui gagnent les rangs des praticiens.

Quelle hérésie !


Les protocoles avec les mutuelles, les projets d´accord avec la CNAM, peut-être même déjà signés, donnent le sentiment que ces syndicalistes sont prêts à immoler la profession sur l´autel de « la politique de santé » décidée par la Ministre de tutelle.


D´où vient cet empressement ?


En septembre 1998, la SOP avait dressé un constat objectif, clair, scientifique : il y a incompatibilité, inadéquation entre les données acquises de la science et la nomenclature actuelle.


Dans le même temps, des experts en odontologie, réunis dans un groupe de travail nommé par la CNAM, travaillaient à la refonte de la Nomenclature des actes professionnels (la SOP y avait désigné un représentant). Le rapport de ces experts a été rendu. Il fait la lumière sur les difficultés inhérentes aux actes manifestement sous-cotés. Il révise l´échelle de valeur relative des actes dans un sens un peu plus proche des réalités cliniques, et à la fois un peu plus juste.


Quoique contestable, la méthodologie proposée par la CNAM avait le mérite de l´innovation dans l´approche du problème de quantification des soins dentaires. Elle augurait d´une prise en compte des insuffisances de la cotation de la NGAP. C´était un premier pas de fait.


Forts de ce travail, tout récemment la CNAM et un syndicat représentatif se sont mis d´accord pour accepter le principe d´une revalorisation de certains actes de soins dits conservateurs en échange d´un encadrement imposé et d´une diminution drastique des honoraires de prothèse.
Marché de dupes !


D´abord, c´était reconnaître de facto la sous-évaluation notoire et scandaleuse des actes réalisés quotidiennement et rendus opposables par la Convention Nationale.


Il était admis, enfin, que la Profession était mise dans l´impossibilité d´exercer son activité de soins courants et de dispenser ses soins conformément aux obligations civiles et pénales qui étaient les siennes. Car la Profession s´engage résolument dans la recherche des critères de la qualité, de
la traçabilité, de la transparence, de l´information, de l´informatisation, de l´hygiène et de l´asepsie.
Elle s´impose des normes pour conditionner les déchets et les eaux usées. Et chaque cabinet
dentaire travaille comme une unité de soins, au sens économique du terme. C´est dire que tout
cela a un coût. Le monde économique, quel que soit le secteur d´activité, reconnaît que la qualité
a un coût, tant en investissement qu´en fonctionnement.


A qui fera-t-on croire que la Profession déroge à la règle ?


Aux patients qui trouvent dans un cabinet dentaire ce qu´ils sont en droit d´exiger de leur praticien ?


Aux praticiens auxquels on veut imposer une revalorisation de certains actes de dentisterie conservatrice en échange d´honoraires scandaleusement diminués (pour les actes prothétiques les plus courants), incompatibles avec un travail de qualité ?



De qui se moque-t-on ?


La CMU remplace les cartes Santé qui satisfaisaient les patients motivés et les praticiens désireux de rendre service, malgré des efforts financiers librement consentis. Aujourd´hui, aucun praticien, même motivé, ne peut se risquer à effectuer des actes prothétiques dans le cadre de la CMU sans mettre inexorablement son cabinet en péril. A moins qu´il ne travaille dans des conditions totalement obsolètes, incompatibles avec les données acquises de la science et le code de déontologie : pas de matériel adéquat, pas d´investissement, pas d´assistante, pas de personnel de réception.


A moins d´utiliser des matériaux bon marché, et la collaboration de laboratoires de prothèse délocalisés, choisis pour leur tarif attractif, au mépris de la qualité.


La SOP s´engage pour refuser ce jeu diabolique d´une négociation qui tient plus du chantage ou d´une sanction. Nous l´avons déjà dit, l´endodontie, la dentisterie restauratrice, la parodontologie et la prothèse doivent permettre à un praticien d´exercer sereinement et décemment son métier. Il s´agit là de l´avenir de la profession et surtout de la santé bucco-dentaire des patients.


La SOP entend veiller à ce que les données acquises de la science ne restent pas lettres mortes. Elle continue de penser que les dirigeants syndicaux, dans leurs négociations, doivent garder à l´esprit qu´une donnée acquise de la science est une règle applicable en pratique courante à tous les praticiens, et accessible à tous les patients. Rien ne justifierait de s´y soustraire.


La SOP regrette que certains d´entre nous soient déjà contraints de quitter la France pour exercer, même à temps partiel, sous des cieux plus cléments. Nous ne les blâmons pas, mais nous ne souhaitons pas, majoritairement, en arriver à envier le sort d´autres confrères européens.


Il appartient à la Profession de se ressaisir, pour parler d´une seule voix, contre l´arbitraire et l´ineptie : l´intérêt de la santé publique doit primer, pour ne pas léser les patients.


Nous ne manquerons pas d´agir dans nos domaines, mais exclusivement dans les domaines qui sont les nôtres : les données acquises de la science et la formation continue.


Société
Odontologique
de Paris

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