MACSF 2012 #2
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De drôles de réflexes : rires ou chatouilles ?

Philippe Safar (Président d'honneur)

01/06/2003

« Rire est le propre de l´Homme » écrivait Rabelais. Aujourd´hui, le rire est défini comme « une réponse physique involontaire à une émotion plaisante » (H. RUBINSTEIN).

Très récemment, les résultats d´études, parus dans la revue Nature, décrivent des aires du cerveau spécifiquement impliquées dans le déclenchement du rire et du sourire : le cortex médio-ventral préfrontal.
Les analyses neuro-hormonales permettent de conclure que les effets du rire accroissent la production d´un certain nombre de neuro-médiateurs, qui contribuent à régulariser l´humeur et à réduire l´anxiété.



D´autres études montrent que le rire est sous le contrôle du système parasympathique, qui contrecarre les effets du stress et induit une diminution du rythme cardiaque et des décharges d´adrénaline.

Une dernière analyse, sociologique celle-là, a apporté la preuve que la société française rit de moins en moins : en 1939, les Français riaient environ une vingtaine de minutes par jour ; aujourd´hui, ils rient en moyenne six minutes. L´analyse n´a pas été poussée au point de voir ce qui se passe dans chaque catégorie socioprofessionnelle, et en particulier dans notre profession.



Rien n´indique actuellement que notre rire n´est pas plutôt nerveux et signe une profonde angoisse d´un corps professionnel meurtri, blessé par une administration qui n´a de cesse de dégrader son honorable exercice, et qui le contraint enfin, par ses errements, à tourner le dos à ce qui devrait être la qualité des soins et le plaisir du service rendu.



Rendez-nous au moins notre sourire Monsieur le Ministre de la Santé, faites qu´une libre alchimie des endorphines parvienne à notre cortex, et l´active ; provoquez-nous pour que nous nous ouvrions à autrui dans une communication de groupe positive avec la société, mais ne prenez pas le risque de chatouiller l´orgueilleux enthousiasme des praticiens désireux de bien soigner. Ils seraient peut-être les premiers à rire jusqu´à en pleurer.



Il serait judicieux de revenir à des pratiques du rire qui datent de 1939, sans associer les pratiques dentaires de la même époque.

Société
Odontologique
de Paris

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