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A propos de la traçabilit&eacute

Philippe Safar (Président d'honneur)

09/07/2002

Une succession d’événements ont défrayé ces dernières années la chronique :




  • l’affaire dite du " sang contaminé ", avec son cortège de responsables de la fonction publique et de l’Etat mis en cause pour avoir commis des erreurs dans l’appréciation des risques et pour n’avoir pas pris à temps suffisamment de précautions ;



  • l’affaire dite de la " vache folle " et des farines animales qui a été à l’origine d’une joute politique au plus haut niveau de l’Etat, pour différer des réglementations ou au contraire pour diligenter des interdictions par mesure de précaution, afin d’éviter les risques liés à la présence du prion ;



  • le naufrage de deux navires au large des côtes bretonnes, l’un porteur de fuel lourd, l’autre de styrène, qui font courir aux côtes françaises des risques inestimables de pollution, de désastre écologique et économique, qui affectent gravement la qualité de vie des populations locales ;



  • l’affaire enfin toute récente des montres vendues dans 220 hypermarchés qui présentaient une radioactivité inattendue liée à des traces de cobalt 60 mélangé par erreur au métal qui a servi à la fabrication des bracelets.


Sans lien aucun entre elles, ces " affaires " ont concouru à créer dans les consciences des réflexes de vigilance. La population est de moins en moins encline à s’exposer à des erreurs, à des risques prévisibles, à tout le moins à des risques qu’il convient de prévenir. Dans cet esprit, la Société aujourd’hui pèse de tout son poids à travers tous les canaux dont elle dispose, pour que dans tous les domaines, des précautions soient prises pour prévoir les risques et les prévenir.


Dans le domaine qui est le nôtre, celui de la Santé, la Caisse d’Assurance Maladie veut apparaître moins comme la Caisse qui couvre le risque Maladie, mais de plus en plus comme celle qui prend des précautions pour assurer la Santé.


Aussi ceux qui ont la charge de la Santé Publique et de la Sécurité Sanitaire sont-ils contraints aujourd’hui de considérer les risques encourus par la population, de tenter de les prévenir ou de les gérer.


En tant que responsables d’une haute administration, ils sont contraints d’édicter des règles et des règlements, de prévoir une Agence (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé – AFSSAPS) chargée de collationner tous les incidents ou accidents survenus au cours d’une pratique professionnelle. Ils ont convaincu les instances professionnelles de l’importance de la matério-vigilance, et bien sûr du bien fondé d’éditer des fiches de traçabilité que chaque praticien est tenu de remplir pour chaque patient, et pour tout dispositif médical utilisé.


Pour autant, ce processus justifié et sage, théoriquement incontournable ne reçoit pas un accueil très favorable des praticiens libéraux. La question mérite peut-être d’être posée : pourquoi la profession dentaire semble-t-elle encore trop peu consciente de la procédure de matério-vigilance et peu impliquée dans un effort de traçabilité.


La réponse est simple à notre humble avis : chacun des professionnels chirurgiens-dentistes prend la mesure de l’effort à consentir pour remplir une liasse de documents et assumer sa part de responsabilité.


Mais chacun prend aussi la mesure, sans risque d’erreur, de la charge financière et chronophage de secrétariat que ces nouvelles contraintes impliquent sans compensation aucune.

Société
Odontologique
de Paris

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